mer. Jan 28th, 2026

A l’heure où l’Etat arbitre sur ses priorités budgétaires, la voiture apparaît comme le symbole d’une tension croissante entre les impératifs économiques, transition écologique et capacité réelle des ménages à continuer de se déplacer. C’est ce que révèle la récente étude de Leocare*: 90 % des Français estiment aujourd’hui que posséder une voiture coûte trop cher. Un chiffre massif, signe d’une rupture profonde entre les prix pratiqués et le seuil d’acceptabilité des automobilistes.

 

Arbitrages, rognages, renoncements progressifs… pour un nombre croissant de ménages, la restriction d’accès à la voiture n’est plus un scénario à venir, mais une réalité déjà vécue, ou, tout au moins, clairement constatée derrière le discours public sur la mobilité.

 

Le budget automobile à l’épreuve des réalités économiques

 

Selon l’Automobile Club Association (ACA), le coût annuel moyen de détention d’une voiture en France se situe entre 5 000 et 10 000 €, selon le type de véhicule et son usage, soit l’équivalent de 400 à 800 € par mois, soit le double du budget initialement dédié à la voiture 10 ans auparavant[1].

 

Cette facture se répartit entre plusieurs postes structurels, en euros, par an :

 

 

 

Des montants qui varient selon le modèle, l’âge du véhicule, le kilométrage annuel et le lieu de résidence, mais qui convergent vers un même constat : le budget automobile s’est durablement installé à un niveau élevé, de plus en plus difficilement absorbable pour les ménages.

 

Trop chère automobile

 

Pour 90 % des Français, posséder une voiture coûte aujourd’hui trop cher. 43 % jugent même la facture excessive. Ce sentiment est d’autant plus fort que la hausse des dépenses a touché tous les postes, sur une période resserrée. Assurance, entretien, carburant : 62 % estiment que les frais d’usage de leur véhicule ont considérablement progressé au cours des cinq dernières années. Des augmentations concentrées dans le temps, sans revalorisation équivalente du pouvoir d’achat, sans marge d’adaptation.

 

Le prix de la voiture a franchi un seuil d’acceptabilité collective. Elle est devenue une charge incompressible, au même titre que le logement ou l’énergie, pour un montant désormais perçu comme disproportionné au revenu ou au service rendu.  Pour 74 % des Français, la voiture est bien devenue un luxe.

 

Budget voiture : la grande fatigue

 

Parce qu’elle représente à la fois un poste de dépense significatif et l’un des rares encore ajustables, l’assurance concentre aujourd’hui une partie des arbitrages budgétaires. C’est du reste sur ce terrain que les automobilistes rognent le plus. 48 % des Français placent le plafond du raisonnable entre 40 et 60 euros par mois, plus d’un tiers (32 %) le situant en dessous de 40 euros. Un niveau très inférieur aux tarifs aujourd’hui observés, révélateur d’une dissociation nette entre la dynamique des prix et la référence budgétaire des ménages. À tel point que, à force de devoir constamment ajuster la note, près de 28 % des Français envisagent de rouler sans assurance, malgré les risques encourus.

 

Alors que le débat public se focalise sur la fin du thermique et la transition électrique, l’étude de Leocare met ainsi en lumière une autre réalité. 38 % constatent déjà une restriction d’accès à l’automobile pour des raisons économiques. Une fracture sociale qui rebat les cartes du débat sur la mobilité.

 

« Le coût total de détention d’un véhicule, durablement élevé et orienté à la hausse, constitue aujourd’hui un élément structurant dans le budget des français. L’assurance et son image concentrent aujourd’hui une part de cette tension. Réduire la charge financière qui pèse sur les automobilistes français commence par leur redonner la maîtrise de leur couverture (garantie, plafond, franchise) par des montants clairs, lisibles et transparents. » – déclare Christophe Dandois, co-fondateur de Leocare.

 

* Enquête réalisée en partenariat avec Discurv, du 3 au 7 juillet 2025, auprès d’un échantillon de 1 000 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

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