jeu. Fév 19th, 2026

Le « Financial Times » affirme ce mercredi que la présidente de l’institution n’ira pas au bout de son mandat et avance une date. La BCE assure qu’aucune décision n’a été prise. Vous trouverez ci-après un commentaire synthétique de d’Andrzej Szczepaniak (Senior European Economist chez Nomura) sur les possibles changements  gouvernance au sein de la BCE et l’impact que ça engendrerait sur la politique monétaire. Voici les enseignements clés en 3 points :

• Selon le FT, Christine Lagarde pourrait quitter la présidence de la European Central Bank avant la fin de son mandat afin afin de pouvoir se faire remplacer avant les élections présidentielles en France. L’objectif implicite serait de sécuriser l’institution face au risque d’une victoire du National Rally. La BCE a toutefois démenti toute décision à ce stade.

• Plusieurs mandats clés au directoire arrivent à échéance au second semestre 2027, notamment ceux de Lagarde, Lane et Schnabel. Certains États membres envisageraient d’accélérer les décisions pour éviter qu’elles n’interviennent après la présidentielle française. Parmi les successeurs potentiels figurent Knot, de Cos, Nagel et Schnabel, avec un léger avantage perçu pour de Cos selon Nomura, tandis que le consensus pencherait plutôt pour Knot.

• L’impact sur la politique monétaire serait très limité. L’inflation HICP est attendue proche de 2 % et la croissance autour de 0,3 % par trimestre. Nomura anticipe un maintien des taux inchangés cette année et probablement l’an prochain, ce qui reflète le fonctionnement collégial et consensuel de la BCE.


Le Financial Times rapporte que Christine Lagarde pourrait quitter son poste de présidente de la Banque centrale européenne (BCE) de manière anticipée « afin de permettre à Emmanuel Macron et à Friedrich Merz de choisir son successeur avant l’élection présidentielle française », sur le modèle de Villeroy. Dans un communiqué, la BCE a rétorqué : « La présidente Lagarde est pleinement concentrée sur sa mission et n’a pris aucune décision concernant la fin de son mandat. »

Déjà, Bloomberg avait indiqué le 16 février que les gouvernements européens pourraient vouloir accélérer le processus de remplacement des membres du directoire de la BCE. Lane, Lagarde et Schnabel terminent tous leurs mandats au second semestre 2027, après l’élection présidentielle française. L’objectif serait de « protéger la BCE » contre une éventuelle victoire de l’extrême droite, dans l’hypothèse où le Rassemblement national remporterait la présidentielle.

Le successeur de Lane serait probablement choisi avant l’élection présidentielle française en raison du calendrier. Celui de Schnabel, en revanche, ne le serait pas nécessairement, sauf si elle démissionnait de manière anticipée, comme Villeroy l’a annoncé et comme Lagarde pourrait le faire, ou si la décision était prise de nommer son successeur avant l’élection.

L’incidence sur la politique monétaire serait faible : l’inflation HICP se situerait près de 2 % et la croissance autour de 0,3 % trimestriel. Nomura table donc sur des taux inchangés cette année comme la suivante, en cohérence avec l’approche collégiale de la BCE,que ce soit Lagarde ou un autre à la tête de l’institution.

Qui pourrait lui succéder ? Les noms les plus cités sont Knot, de Cos, Nagel et Schnabel. Cette dernière ferait face à des obstacles juridiques, mais pas insurmontables. La nomination de Vujcic en tant que vice-président rend légèrement moins probable le choix d’un représentant d’un petit pays, comme Knot, ou d’un membre plus strict, comme Nagel, laissant de Cos en tête de facto. Selon un sondage Bloomberg, le consensus penche légèrement en faveur de Knot par rapport à de Cos.

Au final, la BCE prend ses décisions de politique monétaire par consensus, et le successeur de Lagarde devrait difficilement modifier radicalement le fonctionnement de l’institution, surtout s’il s’agit de l’un des noms évoqués dans les médias.

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