jeu. Juil 16th, 2026

En donnée mensuelle, l’inflation CPI aux Etats-Unis a connu en juin son plus fort repli depuis…avril 2020 et la pandémie de Covid. La baisse a été de 0.4% contre une hausse de 0.5% le mois précédent.

Donnée également satisfaisante concernant l’inflation sous-jacente CPI (c’est-à-dire hors alimentation et énergie), qui n’a pas connu de progression en donnée mensuelle en juin, pour la première fois depuis janvier 2021.

Et le ralentissement est également marqué en donnée annuelle pour l’inflation sous-jacente à 2.6% contre 2.9% le mois précédent et alors que le consensus tablait sur une progression de 2.8%.

C’est une bonne nouvelle pour la Réserve Fédérale après trois mois consécutifs de rebond de l’inflation entre mars et mai, un ralentissement de l’inflation Outre-Atlantique qui fait également écho à ce qu’on a observé en Europe sur le front des prix.

Pour autant, ces chiffres d’inflation américaine nettement meilleurs qu’attendu n’ont pas entraîné de détente marquée des marchés actions. Le SP500 n’a gagné que 0.6% dans la foulée, ce qui est relativement peu par rapport à la surprise des chiffres.

Ces chiffres ont quasiment éliminé le risque de voir la Fed relever ses taux lors de sa réunion dans quelques jours (85% de probabilités pour un statu quo, via les Futures sur les Fed Funds) …mais ils n’ont pas éliminé le risque pour le reste de l’année. Les probabilités pour la réunion de décembre sont seulement de 19% pour un statu quo…et donc plus de 80% pour une hausse de taux.

Car les marchés ont probablement les yeux rivés sur la reprise de frappes militaires américaines en Iran et le nouveau blocage du détroit d’Ormuz qui ont fait remonter les cours du pétrole de près de 20% depuis le point bas de début juillet. Alors qu’il évoluait à 67$ en début de mois, le cours du pétrole WTI a refait des incursions au-delà des 80$ ces dernières heures.

La réaction très timide des marchés actions américains mais également européens vient aussi du fait que certains membres de la Fed ont indiqué qu’il faudrait plusieurs mois d’amélioration sur le front des prix pour être rassuré. Kevin Warsh, le nouveau président de la Fed, a lui-même déclaré hier que « le ralentissement de l’inflation en juin ne signifie par que la mission est accomplie ».

Les marchés actions en Europe sont également hésitants depuis quelques jours face au rebond des cours du pétrole, mais également du gaz naturel qui ont rebondi de 30% sur les trois dernières semaines. Les probabilités de marché pour une nouvelle hausse de taux de la BCE en septembre se sont redressées ces derniers jours à 75%, alors que ces mêmes probabilités étaient retombées à moins de 50% avant le regain de tensions entre les Etats-Unis et l’Iran.

 

Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marché chez IG France

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