37 700 entreprises ont fait défaut sur six mois, soit 1500 de plus que lors du 1e semestre 2025
Les très petites et les jeunes entreprises sont les plus exposées aux difficultés, limitant l’impact sur les emplois menacés
Paris, le 16 juillet 2026 | Altares, expert référent de la donnée d’entreprises, dévoile aujourd’hui les chiffres des défaillances d’entreprises en France pour le 2ème trimestre 2026. Avec 17 486 procédures ouvertes, en hausse de 5,4 % sur un an, le deuxième trimestre confirme le niveau élevé de défaillances en France. Depuis le début de l’année, 37700 entreprises sont tombées dont les deux tiers directement en liquidation, soit 1500 de plus par rapport à la même période 2025.
Les difficultés frappent plus particulièrement les très petites et les jeunes entreprises, contribuant à modérer l’impact social de la hausse des défauts : le nombre d’emplois menacés recule de 9,5 % sur un an et concerne désormais 58 830 salariés.
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Les signaux d’accalmie ou d’amélioration |
Les tendances qui alertent |
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L’emploi menacé est en baisse de 9,5 % – 3,3 % de défauts chez les entreprises de 3-19 salariés La construction et le commerce hors automobile sont stables La moitié des régions repasse dans le vert |
En T2, un niveau de défauts 40 % plus haut qu’avant Covid +8,3 % de défauts chez les entreprises de -3 salariés + 12,7 % pour les entreprises de -3 ans Les services décrochent, le monde agricole sous tension. La région AURA, 2e pôle économique du pays, est dans le rouge |
17 486 défaillances au 2ème trimestre, un niveau très élevé mais une tension moindre sur l’emploi
Le deuxième trimestre 2026 se clôture sur 17 486 défaillances d’entreprises, en hausse de 5,4 % sur un an. Même si le rythme décélère depuis plusieurs mois, le volume des défauts dépasse de près de 40 % les seuils observés avant la crise sanitaire; les défaillances trimestrielles étaient alors inférieures à 13 000.
349 ouvertures de sauvegarde ont été enregistrées ce trimestre. Cette procédure préventive demeure marginale et ne représente plus que 2 % de l’ensemble des jugements prononcés, contre plus de 3 % en 2023.
Les liquidations judiciaires directes restent très largement majoritaires avec 11 591 jugements, en hausse de +4,8 % sur un an. Elles concentrent un peu plus des deux tiers des procédures (66,3 %).
La dynamique du trimestre est tirée par les redressements judiciaires (5 546), en hausse de 7,1 %. Leur part dans l’ensemble des défaillances atteint désormais 31,7 %, contre 31,2 % un an plus tôt et seulement 23,7 % en 2022.
L’impact social de ces défaillances est important mais il s’atténue. Le nombre d’emplois menacés s’établit à 58 830, en recul de -9,5 % par rapport au deuxième trimestre 2025 et bien en deçà des 69 500 emplois observés au deuxième trimestre 2024.
Nombre de défaillances d’entreprises par type de procédure par trimestre
(Données provisoires arrêtées au 1er juillet de chaque année)
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2022 T2 |
2023 T2 |
2024 T2 |
2025 T2 |
2026 T2 |
EVOLUTION T2 2026/25 |
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MOYENNE 5 ANS |
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Sauvegardes |
289 |
431 |
416 |
349 |
349 |
0,0% |
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367 |
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Redressements Judiciaires |
2 325 |
3 465 |
4 817 |
5 177 |
5 546 |
7,1% |
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4 266 |
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Liquidations Judiciaires directes |
7 212 |
9 370 |
11 138 |
11 060 |
11 591 |
4,8% |
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10 074 |
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Total défaillances |
9826 |
13266 |
16371 |
16586 |
17 486 |
5,4% |
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14 707 |
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Total Emplois menacés |
30 560 |
55 700 |
69 500 |
65 000 |
58 830 |
-9,5% |
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55 918 |
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Emplois menacés par entreprise |
3,1 |
4,2 |
4,2 |
3,9 |
3,4 |
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3,8 |
Les très petites entreprises en première ligne, les PME sous vigilance.
Les structures de moins de trois salariés concentrent 75 % des procédures collectives et donnent le La sur la tendance globale. Sur cette catégorie, 13 185 défaillances ont été recensées, en hausse de 8,3 % sur un an. Un phénomène qui illustre la persistance des tensions de trésorerie qui affectent les plus petites entreprises.
À l’inverse, les entreprises de 3 à 19 salariés affichent une amélioration relative. Elles totalisent 3 769 défaillances au T2 2026, contre 3 896 au T2 2025, en recul de 3,3 %. Cette tranche, qui représente encore 21,6% des procédures, contribue à amortir la dégradation globale du trimestre.
Les structures d’au moins 20 salariés restent minoritaires en nombre mais leur évolution est à surveiller : 532 procédures ont été enregistrées soit +2,9 % sur un an, un volume tiré par les sauvegardes (51 procédures, +27,5 %) et les redressements judiciaires (352, +6,7 %), tandis que les liquidations judiciaires directes reculent à 129 jugements (-12,2 %). Il faut y voir une lueur positive: car si les tensions économiques pèsent sur les entreprises, le recul des liquidations directes laisse entrevoir une reprise ou une poursuite d’activité.
Les jeunes entreprises sont fortement exposées
La vulnérabilité des plus jeunes entreprises est particulièrement marquée. Les défaillances des structures de moins de trois ans progressent de 12,7 % sur un an pour atteindre 2 248 procédures. Plus des trois quarts se soldent par une liquidation judiciaire directe.
L’essentiel (93%) de ces jeunes entreprises ne sont pas des micro-entreprises (ou auto-entrepreneurs)mais des sociétés commerciales. La restauration, la vente et la réparation automobile y sont fortement représentées. Le second œuvre du bâtiment est aussi très présent, mais les défaillances y diminuent sensiblement.
Les entreprises de 3 à 5 ans demeurent les plus nombreuses à défaillir. Avec 4 913 procédures recensées au T2 2026, la hausse (+5,1 %) est alignée avec la tendance globale (+5,4%).
Les entreprises de 6 à 10 ans affichent également un niveau élevé de défaillances, avec 4 665 procédures (+3,1 %).
3 464 sociétés de plus de 16 ans ont défailli au deuxième trimestre 2026, soit une augmentation de 5,6 % sur un an.
De nombreuses activités restent en zone de turbulence
Construction : un peu de répit mais l’immobilier et les TP encore durement touchés
Avec 4 148 défaillances au T2 2026, la construction fait preuve d’une remarquable stabilité (-0,8 %), mais à un niveau qui demeure élevé. Cette résistance résulte d’évolutions opposées avec d’une part le recul sensible des défaillances dans le bâtiment, et d’autre part la forte dégradation des activités immobilières et travaux publics.
Le gros œuvre présente une franche embellie (1 054 défaillances; -12,4 %), portée notamment par la maçonnerie (-12 %) et la construction de maisons individuelles (-11 %). Le second œuvre suit la même tendance (1 922; -5,5 %) grâce à la bonne dynamique dans les travaux électriques (-15 %) et les équipements thermiques et climatiques (-20 %). Certains métiers restent toutefois en grande difficulté comme la plâtrerie (+13 %) ou la charpente (+57 %).
Les travaux publics sont à la peineavec 197 défaillances (+8,8 %), en particulier les travaux de terrassement (+18 %).
L’immobilier est toujours un foyer de très fortes tensions. La promotion immobilière enregistre 276 défaillances (+87,8 %). Ce taux tient à l’envolée des défauts de supports juridiques de programmes immobiliers (+180 %) dont plus de la moitié sont des sociétés de construction vente détenues par HPL Groupe. Les agences immobilières parviennent cependant à contenir leurs difficultés (-4,9 %).
Commerce: des évolutions très contrastées
Avec 3 466 défaillances enregistrées au T2 2026, le commerce présente des volumes de défauts en hausse de 1,9 %. Cette hausse est principalement alimentée par la forte dégradation du commerce et de la réparation automobile, tandis que les situations se détendent dans le commerce de détail et le négoce interentreprises.
L’automobile reste le principal facteur de dégradation du secteur: à la fois pour le commerce de voitures (+11%) et l’entretien-réparation automob
Le commerce de détail (1950; -1%) montre des signes d’amélioration au global, avec toutefois des dégradations sur plusieurs activités. Les tensions sont fortes pour les magasins multi-rayons (+ 3 %), tirés par les épiceries (+5 %). Le détail alimentaire (+5,2 %) reste fragile en boucherie (+18%) qui repasse comme en 2024 la barre des 100 procédures. Le sport et loisirs enregistre une forte hausse de 17 %, et en particulier pour les magasins de sport (+16 %). Les défaillances flambent pour les librairies (+58 %).
À l’inverse, la situation s’améliore pour les commerces de soin de la personne et optique (-5,3 %), portés par la parfumerie (-7%); l’optique décroche de 6% et la pharmacie de 16%.
Bonne nouvelle pour le bricolage et l’équipement du foyer (-6%) notamment dans le meuble (-10%). Le commerce d’habillement signe aussi une nette amélioration (-14%).
Du côté du commerce interentreprises, les évolutions sont également très contrastées. Si le nombre de défaillances recule dans le négoce alimentaire (- 10 %) et les matériaux de construction (-22 %), il augmente dans le commerce de gros d’habillement (+30 %) et les machines et équipements (+18 %).
Industrie: des équilibres fragiles
L’industrie stabilise son volume de défaillances autour de 1000 défauts (1 006; -0,5 %). A l’instar de la construction, cette apparente résistance masque des trajectoires contrastées selon les activités.
L’industrie agroalimentaire se dégrade légèrement avec 381 défaillances, contre 371 au deuxième trimestre 2025 (+2,7 %). La boulangerie-pâtisserie, qui concentre plus de la moitié des défauts, amortit (-4%) la hausse relevée chez les cuiseurs de pain (+33%), pâtissiers (+38%), brasseurs (+11%) ou dans la transformation des viandes (+24%).
L’industrie manufacturière résiste globalement (625; -2,3%) mais des tensions persistent dans les matériaux de construction dont le nombre de défaillances augmente rapidement (+55 %). Les difficultés sont très marquées dans la filière bois dans les activités de sciage, charpente et autres menuiseries. Le segment énergie-environnement est également dans le rouge (+6 %) plombé par la production d’électricité tandis que la récupération de déchets triés est favorablement orientée. En revanche, les défaillances reculent nettement dans le textile-habillement (-20 %) porté par la fabrication de vêtements de dessus, mais aussi dans l’imprimerie (-31 %) et dans les activités de réparation et maintenance (-15 %).
Services aux entreprises : la dégradation s’accélère et gagne l’ensemble des métiers du support
Avec 2 562 défaillances enregistrées au deuxième trimestre 2026, les services aux entreprises figurent parmi les secteurs les plus dégradés de la période. Le nombre de procédures progresse de +13,9 % sur un an. Cette hausse touche aussi bien les activités intellectuelles que les fonctions de support.
Les activités scientifiques et techniques totalisent à elles seules 1 191 défaillances, contre 1 038 un an plus tôt (+14,7 %). Les tensions sont particulièrement fortes dans le conseil en communication et en gestion (+19,6 %), les activités d’architecture et d’ingénierie (+14 %). Les autres services spécialisés sont également dans le rouge (+10,1 %) notamment les agences de publicité (+8 %).
Les services administratifs aux entreprises ne sont pas épargnés. Ils concentrent désormais 1 371 défaillances (+13,2 %). Les plus fortes tensions concernent les activités qui mobilisent de nombreux salariés. Les entreprises de sécurité voient leurs défaillances bondir de +22 %, tandis que les entreprises de propreté enregistrent une hausse de +16,8 %.
Information & Communication : une stabilité globale qui masque des trajectoires divergentes
Avec 569 défaillances enregistrées au deuxième trimestre 2026, le secteur de l’information et de la communication affiche une stabilité (572 procédures en 2025, soit -0,5 %) qui tranche avec les difficultés observées dans les autres activités de services.
Cependant, les services informatiques et l’édition de logiciels accusent une légère dégradation (+2,3 %) amortie par les activités de conseil en systèmes informatiques (+2%); la hausse est encore sévère pour la programmation informatique (+8%). À l’inverse, les activités de l’information et de la communication voient leurs défaillances reculer (-6,6 %) à la faveur de bons chiffres dans la production de films institutionnels ou pour le cinéma, tandis que celle destinée à la télévision est plus en difficulté.
Transport: le fret longues distances en difficulté
Les difficultés demeurent importantes dans le transport routier de marchandises même si le nombre de défaillances (439) recule de 2%.
