Commentaire de Lale Akoner, analyste de marchés chez eToro
Les marchés continuent principalement de prendre leurs signaux des résultats d’entreprises plutôt que des gros titres macroéconomiques, les publications de sociétés donnant le ton pour l’appétit au risque. Cette semaine, cette attention va s’intensifier, alors que de nouvelles données des deux côtés de l’Atlantique offriront une lecture plus claire des zones où la croissance résiste réellement et de celles où elle commence à s’essouffler.
Environ 80 % des entreprises du S&P 500 ont jusqu’ici dépassé les attentes de bénéfices, avec des profits en hausse d’environ +31 % sur un an. C’est une surprise positive significative par rapport à ce que les analystes avaient anticipé.
Le chiffre d’affaires résiste lui aussi, avec une croissance d’environ 11 %, et la plupart des secteurs y participent. Mais les moteurs sont clairement identifiés :
Point d’investissement : Même en excluant les “Mag 7”, les bénéfices progressent encore de près de 20 %. C’est suffisamment large pour soutenir les actions, mais cela reste tiré par la croissance. Vous êtes rémunéré pour rester investi, mais la sélection sectorielle compte.
Les cycliques sont de retour.
En dehors des méga-capitalisations technologiques, les secteurs cycliques commencent à surperformer les défensives, un mouvement qui n’a pas été constant ces derniers trimestres.
Point d’investissement :
- La croissance se stabilise, elle ne s’effondre pas
- Les investisseurs se repositionnent sur les valeurs sensibles à l’économie
- Le marché valorise un scénario d’atterrissage “plutôt en douceur”
Si les cycliques continuent de gagner en traction, le rallye s’élargit.
Europe : moteur plus lent, signaux contrastés
Les résultats sont au rendez-vous, mais l’écart entre les États-Unis et l’Europe se creuse.
Environ 59 % des entreprises dépassent les attentes de bénéfices, avec des profits en hausse de +5 % sur un an. C’est une surprise positive, mais à peine.
Le vrai problème se situe au niveau du chiffre d’affaires :
- Les revenus sont stables
- Moins de la moitié des entreprises dépassent les attentes de ventes
- Plusieurs secteurs enregistrent des baisses nette
Dans le détail :
Point d’investissement : L’Europe est une histoire de marges, pas de croissance. Les bénéfices tiennent, mais sans dynamique de chiffre d’affaires, le potentiel de hausse reste limité.
Tout n’est pas clair : les perspectives sont brouillonnes
Dans l’ensemble, les entreprises de plusieurs secteurs signalent :
- Des coûts de carburant et d’énergie plus élevés
- Des perturbations géopolitiques, les tensions au Moyen-Orient revenant régulièrement
- Une demande des consommateurs molle dans certaines poches
- Une faiblesse de la Chine pour les marques mondiales
Cela ne se reflète pas encore pleinement dans les résultats, mais commence à apparaître dans les prévisions.
Palantir bute sur une résistance avant ses résultats
L’action Palantir a à peine bougé la semaine dernière, gagnant seulement 0,7 % pour clôturer vendredi à 144 dollars. Avant la publication de ses résultats ce soir après la clôture, le marché fait preuve de prudence, mais on observe aussi une tension technique notable. La situation s’est clairement resserrée. Il y a environ quatre semaines, un plancher potentiel s’est formé autour de 125 dollars, même s’il doit encore être confirmé. Dans le même temps, plusieurs sommets descendants sont visibles, ainsi que des tentatives répétées et infructueuses de franchissement de la moyenne mobile à 20 semaines, qui se situe actuellement autour de 150 dollars.
Pour qu’une reprise durable se mette en place, le titre devrait franchir à la fois cette moyenne mobile et la zone de résistance autour de 162 dollars. L’écart avec le plus haut historique est actuellement d’environ 33 %. Si la cassure échoue, un nouveau repli vers la zone de support de court terme devient probable. Si ce niveau ne tient pas, la zone comprise entre 99 et 109 dollars devient le prochain support potentiel, également appelée fair value gap.