mar. Sep 22nd, 2026

65 % des salariés n’ont reçu aucune reconnaissance financière de leurs gains de productivité liés à l’IA, tandis que les freelances revalorisent leurs tarifs de 25 % en moyenne. 

Paris, le 22 septembre 2026 – L’intelligence artificielle ne redistribue pas les gains de productivité de façon égale. Selon le baromètre européen « État des lieux des professionnels de l’IA en Europe, publié par Shakers, et réalisé auprès de 1 035 professionnels de la tech en Europe, les freelances parviennent davantage à transformer ces gains en revenus, en autonomie ou en temps disponible, là où les salariés voient souvent leur productivité absorbée par davantage de travail, sans compensation équivalente. 

L’étude révèle une fracture nette dans la manière dont les actifs bénéficient de l’IA. 68 % des freelances conservent le bénéfice du temps et de la capacité libérés par l’IA : ils prennent davantage de clients, augmentent leurs tarifs ou réduisent leur temps de travail. Chez les salariés, cette proportion tombe à 43 % : pour les autres, les gains sont principalement récupérés par l’entreprise sous la forme de travail additionnel (36 %) ou dilués dans les réunions et les tâches administratives (21 %). 

L’IA augmente la production, pas nécessairement les salaires 

La hausse de productivité est pourtant tangible : la moitié des répondants déclarent avoir augmenté leur production de plus de 25% grâce à l’IA. Mais cette progression n’est pas systématiquement reconnue financièrement. 

  • 65 % des salariés déclarent n’avoir reçu aucune reconnaissance salariale liée à leurs gains de productivité permis par l’IA ; 
  • chez les freelances, ce taux descend à 39 %, ces derniers captant plus fréquemment la valeur créée au travers de leur politique tarifaire ;
  • parmi les professionnels dont la rémunération a augmenté au cours des douze derniers mois, l’écart est net : les freelances ont relevé leurs tarifs de 25 % en moyenne (médiane de 20 %) contre une hausse moyenne de 9 % chez les salariés (médiane de 5 %) ; 
  • 25 % des freelances attribuent explicitement cette progression tarifaire à leurs compétences en IA. 

“L’IA ne se contente pas de transformer les outils, elle transforme déjà la négociation de la valeur du travail. Les indépendants disposent d’un levier direct pour convertir les gains de productivité en prix, en revenus ou en autonomie. Pour les salariés, la question est désormais celle du partage de cette valeur avec l’entreprise”, déclare Nico de Luis, COO de Shakers. 

L’IA sort des labos : du pilote à la production réelle 

L’étude vient nuancer le récit d’une IA cantonnée aux expérimentations ou aux pilotes. Parmi les 878 répondants ayant travaillé sur des projets d’IA au cours des douze derniers mois, 63 % déclarent avoir mis en production réelle au moins la moitié de leurs projets (c’est-à-dire des solutions utilisées par des utilisateurs ou des systèmes, et toujours actives 90 jours après le déploiement). Plus d’un tiers d’entre eux (35 %) affirment même avoir mis en production la plupart ou la totalité de leurs projets IA. 

Ce constat de terrain contraste avec l’idée souvent avancée selon laquelle les projets IA resteraient massivement bloqués au stade du pilote. Pour les professionnels qui conçoivent et déploient ces solutions, l’enjeu apparaît moins technologique qu’organisationnel : la difficulté tient moins à la technologie elle-même, qu’à la capacité à intégrer les outils, faire évoluer les méthodes de travail et réorganiser la production. 

Une dépendance croissante à l’IA dans le travail quotidien L’IA est désormais ancrée dans les pratiques professionnelles des répondants : 

  • 60 % estiment qu’ils ne pourraient pas facilement revenir à une manière de travailler sans IA ; 
  • 73 % utilisent au moins un agent IA ou workflow automatisé dans leur activité professionnelle, au-delà du stade de l’expérimentation ; 
  • 53 % considèrent que leur intitulé de poste ne décrit plus totalement ce qu’ils font réellement 
  • 50 % passent désormais l’essentiel de leur temps à orienter l’IA ou à définir les enjeux, plutôt qu’à produire directement les livrables 
  • l’orchestration d’agents IA est la première compétence que les professionnels interrogés souhaitent développer (44 %), devant la gouvernance et la conformité (34 %).

La tentation freelance gagne du terrain 

Cette transformation pourrait aussi accélérer la recomposition du marché du travail tech : 47 % des salariés anticipent qu’une part plus importante du travail de leur entreprise sera confiée à des spécialistes indépendants d’ici à 2027, contre seulement 11 % qui prévoient le mouvement inverse. 

Signe de cette bascule, 24 % des salariés envisagent sérieusement de devenir indépendants dans les 24 prochains mois, d’abord motivés par le niveau de revenu et la recherche d’autonomie. Pour une partie d’entre eux, l’IA rend ce passage plus réaliste : en augmentant leur capacité de production et leur capacité à vendre une expertise différenciante, elle abaisse la barrière à l’entrée vers l’indépendance. 

L’Europe, un terrain de jeu choisi et réglementé 

Contrairement à l’idée reçue d’une fuite systématique des talents IA, 67 % des répondants déclarent construire leur carrière en Europe par choix, et 85 % se projettent encore sur le continent dans les cinq prochaines années. Loin d’être perçue comme une simple contrainte, la réglementation européenne apparaît même comme un atout : 64 % considèrent que la maîtrise du RGPD et de l’AI Act constitue déjà, ou constituera bientôt, un avantage professionnel. Plus d’un quart d’entre eux (26 %) affirment même avoir déjà décroché une mission ou obtenu davantage de responsabilités grâce à cette expertise réglementaire. 

“La compétitivité européenne dans l’IA ne reposera pas seulement sur les modèles ou l’infrastructure. Elle repose aussi sur des professionnels capables de livrer, d’orchestrer les nouveaux outils et de travailler dans des environnements exigeants en matière de confiance, de conformité et de qualité”, ajoute Nico de Luis, COO de Shakers. 

La France : une adoption productive, mais une tension croissante sur les talents. 

Parmi les répondants français, 65 % déclarent que l’IA a augmenté leur production de plus de 25 %, contre 42 % au Royaume-Uni et 36 % en Allemagne. 

Dans le même temps, 46 % des salariés français interrogés envisagent sérieusement de devenir indépendants dans les 24 prochains mois. Ces résultats soulignent un enjeu direct pour les entreprises : reconnaître, fidéliser et donner de l’autonomie aux profils les plus avancés sur l’IA.

Méthodologie 

Étude menée en août 2026 auprès de professionnels de la tech comptant au moins 3 ans d’expérience. 1 035 réponses valides après contrôles qualité, combinant un panel de recherche indépendant (Prolific, 963 réponses : 190 indépendants, 658 salariés à temps plein, 115 salariés exerçant aussi en indépendant) et 72 spécialistes seniors indépendants vérifiés du réseau Shakers. L’échantillon couvre 23 pays européens, avec un focus sur le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Italie, le Portugal et la France. Les résultats par pays hors Royaume-Uni et Espagne sont indicatifs (échantillons réduits). 

À propos de Shakers 

La plupart des entreprises ont une stratégie IA. Peu disposent du talent senior qui la met en pratique. Shakers est la maison européenne des AI Builders : une communauté fermée d’experts vérifiés en IA, ingénierie, data et produit où seuls 4% des candidats sont acceptés. Les entreprises les recrutent en quelques jours pour mener ce travail jusqu’en production: lancer des produits IA, créer des workflows agentiques, moderniser les systèmes, étendre les capacités data et ingénierie. Fondée à Madrid en 2021, Shakers a levé 20M€ auprès de Partech, K-fund et d’autres investisseurs, et travaille avec plus de 600 clients dont Microsoft, BBVA et Telefónica, en Espagne, Italie, Portugal, France et Royaume-Uni. 

Site web : La maison des meilleurs talents tech d’Europea

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