mer. Mai 27th, 2026

Par Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marché chez IG France

L’annonce par Donald Trump ce week-end d’un protocole d’accord « largement négocié » avec l’Iran a favorisé une détente des taux souverains en zone euro en ce début de semaine.

Malgré de nouvelles frappes américaines lundi dans le Sud de l’Iran, les taux souverains en zone euro continuent d’évoluer assez nettement sous les niveaux de la semaine dernière. Le taux à 10 ans de la France ressort à 3.66% ce matin contre quasiment 4% il y a une semaine. Il s’est détendu hier à 3.61%, son plus « bas niveau » en deux semaines et demie, avant de rebondir un peu ce matin.

Il reste toutefois du chemin à parcourir pour revenir au niveau d’avant-guerre en Iran : fin février, le taux à 10 ans de la France évoluait proche de 3.20%.

Même si les marchés obligataires saluent les avancées dans les négociations et la détente des cours du pétrole qui en découle, la BCE semble quand même se diriger vers une hausse de taux lors de sa réunion en juin.

Les marchés « pricent » toujours plus de 80% de chances d’une hausse de 25 points de base du taux de dépôt en juin, qui passerait ainsi de 2.00% à 2.25%.

Les propos de Isabel Schnbel ce matin, membre du directoire de la BCE, vont dans ce sens. Elle indique que « dans le contexte actuel, une hausse des taux en juin me semble nécessaire ». Ajoutant que « compte tenu de l’ampleur et de la persistance du choc actuel, l’attente (looking through) n’est plus envisageable à mon avis ».

Elle a également déclaré que « même si la guerre prenait fin aujourd’hui, les infrastructures énergétiques et les chaînes d’approvisionnement mondiales ont déjà subi d’importants dégâts ». « En termes de persistance, nous sommes en réalité au-delà du scénario adverse, qui supposait une normalisation rapide des prix du pétrole ».

Volontarisme affiché également du côté de François Villeroy de Galhau, membre du conseil des gouverneurs, plutôt centriste dans ses prises de position habituellement. Il a déclaré hier que « Les ménages et les entreprises peuvent nous faire confiance pour ramener l’inflation à 2% à moyen-terme, nous n’hésiterons pas à agir pour cela s’il le faut »

 

 

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