Commentaire de Maximilian Wienke, analyste de marchés pour etoro
Le Brent recule d’environ 2 % ce mardi à 82 dollars le baril et évolue désormais plus de 30 % sous son sommet de mars. Il est toutefois encore trop tôt pour crier victoire, les prix restant à des niveaux élevés.
Chaque nouvelle information concernant les négociations entre les États-Unis et l’Iran provoque de fortes fluctuations sur les marchés. Les cours du pétrole sont actuellement dictés presque exclusivement par les développements géopolitiques, tandis que le risque de nouvelles perturbations de l’offre demeure important.
Les conséquences dépassent désormais largement le seul marché de l’énergie. Des prix du pétrole durablement élevés pèsent sur l’économie mondiale, alimentent les pressions inflationnistes et continuent de comprimer le pouvoir d’achat des consommateurs, les marges de l’industrie ainsi que les bénéfices des entreprises. Les grands importateurs d’énergie, comme la Chine et l’Inde, sont particulièrement touchés.
L’Europe, elle aussi fortement dépendante des importations d’énergie, en subit directement les effets. La hausse des prix du pétrole et de l’énergie accentue les coûts pour les entreprises industrielles et complique le retour à une reprise économique durable. La marge de manœuvre de la région reste limitée par sa dépendance structurelle aux importations d’énergie. L’Europe n’est pas totalement à la merci des prix mondiaux de l’énergie, mais elle se trouve aujourd’hui dans une situation où elle doit en permanence limiter les dégâts.
À l’inverse, une baisse des prix du pétrole constituerait l’un des principaux catalyseurs potentiels pour les marchés actions européens, compte tenu de la forte exposition de la région aux entreprises industrielles. Une énergie moins chère améliorerait les perspectives de bénéfices de nombreuses sociétés composant le STOXX Europe 600, tout en apportant un soutien bienvenu à l’ensemble de l’économie européenne.
