Le 14 septembre, le gouvernement a annoncé le maintien du « bouclier tarifaire » en 2023  (limitation des prix du gaz et de l’électricité à + 15 %), ainsi qu’un chèque énergie de 150 € en  moyenne pour les 40 % de ménages les plus modestes. Ces mesures, utiles, gagneraient à être mieux  ciblées à destination des ménages les plus vulnérables. 

Le chèque énergie annoncé par le gouvernement devrait pratiquement compenser les hausses de  prix de l’électricité et du gaz attendues pour les ménages modestes. En 2023, les prix du gaz et de  l’électricité augmenteraient de 15 % suite au relèvement du « bouclier tarifaire »1. Il en résulterait une  dépense supplémentaire d’environ 200 € par ménage l’an prochain d’après les estimations d’Asterès, et  d’environ 150 € pour les 10 % des ménages les plus modestes2. Le chèque énergie, en moyenne de 150 €  par ménage (de 100 € à 200 € selon la composition des ménages) qui sera mis en place pour les 40 % des  ménages les plus modestes permettra de compenser pratiquement intégralement la hausse des dépenses  attendues de gaz et d’électricité. 

Les mesures de soutien gagneraient à être plus ciblées à destination des ménages les plus  vulnérables. Le plafonnement des hausses de prix du gaz et de l’électricité à + 15 % en 2023 coûtera à  l’Etat 16 milliards d’euros d’après le ministre de l’économie Bruno Le Maire, le chèque énergie coûtera  pour sa part 1,8 milliard d’euros3. Ainsi, les sommes les plus importantes sont alouées aux mesures les  moins ciblées, le bouclier tarifaire concernant l’ensemble des ménages. Or, les ménages les plus aisés  sont aussi ceux consommant le plus d’électricité et de gaz, ils sont donc, en nombre d’euros dépensés  par l’Etat, les premiers bénéficiaires de cette mesure. Asterès estime que, lorsque l’Etat dépense 100 €  pour plafonner les prix du gaz et de l’électricité, 8 € bénéficient aux 10 % des ménages les plus modestes,  alors que 13 € bénéficient aux 10 % des ménages les plus aisés4. Si l’Etat décidait de verser directement  

 

1 Conférence de presse de la Première ministre sur la situation énergétique, 14 septembre 2022 

2 Estimations Asterès d’après Insee, Dépenses annuelles moyennes par ménage en France selon le niveau de vie 3 Conférence de presse de la Première ministre sur la situation énergétique, 14 septembre 2022 

4 Estimations Asterès d’après la répartition des dépenses par déciles, Insee, Dépenses annuelles moyennes par ménage  en France selon le niveau de vie 

100 € uniformément aux quatre déciles de ménages les plus modestes (chèque énergie par exemple), il  en résulterait un gain de 25 € pour chacun de ces quatre déciles de ménages, et un gain nul pour les six  déciles les plus aisés.

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