mer. Oct 14th, 2026

Par Axel Botte

– Une calibration rapide de l’impact marché des taux réels américains plus élevés

·       L’étude modélise une « surface de bêta » croisant 5 niveaux de taux réels (TIPS 10 ans) et 5 amplitudes de variations hebdomadaires, offrant une analyse de sensibilité non linéaire et conditionnelle des actifs financiers

·       La sensibilité négative des actions (S&P 500 et Nasdaq) à la hausse des taux réels est plus marquée au-dessus du seuil critique des 2 %; une hausse de +10 pb hebdomadaire y provoque une baisse de 3 % à 5 % des indices. Les spreads du High Yield s’élargissent significativement lorsque les taux réels grimpent depuis des niveaux déjà élevés

·       L’or s’avère extrêmement sensible à la direction des taux réels. Les phases de hausses rapides en territoire de taux réels élevés lui sont défavorables, mais toute stabilisation des rendements – même sur des niveaux hauts – est bénéfique

  • Le dollar affiche une corrélation positive systématique.

 

La revue des marchés par Axel Botte – Semaine de consolidation sur les marchés

·       États-Unis : L’ISM des services indique une croissance soutenue ;

·       BCE : Lagarde réaffirme la capacité de la BCE à utiliser ses outils pour stabiliser les marchés ;

·       Obligations : Le Bund proche de 3,50 % alors que les spreads OAT avoisinent 140 pb ;

  • Actions : Les résultats devraient soutenir les marchés.

L’impossible réforme

par Pictet

Il y a quelques jours, l’économiste américain Paul Krugman écrivait que la défiance des investisseurs étrangers à l’égard de la France s’explique notamment par notre incapacité à mettre en œuvre une réforme des retraites. Il n’a certainement pas totalement tort. Notre système est à bout de souffle : notre taux de prélèvements obligatoires est parmi les plus élevés au monde, à 44 % du PIB, nous réussissons l’exploit d’avoir un déficit de 5 % du PIB, il nous faut trouver chaque minute 800 000 euros pour financer les retraites, le tout assorti d’une croissance potentielle très basse, à 0,5 %. C’est une équation impossible.

Que va-t-il se passer si on ne fait rien ? Le système ne va pas imploser du jour au lendemain. Mais, à partir de 2030-35, les retraites pourraient fortement diminuer. Ceux qui sont aujourd’hui présentés comme étant bien lotis risquent alors de connaître un appauvrissement important.

Comment s’en sortir ? Il n’y a pas des dizaines de paramètres sur lesquels nous pouvons agir. Travailler plus est inévitable. L’immigration et les gains de productivité liés à l’IA peuvent contribuer à rééquilibrer le système, mais leurs effets sont loin d’être immédiats. Reste l’introduction d’une part de capitalisation. Ça reste un gros mot dans le débat public. Pourtant, il y a une part d’hypocrisie. Les sénateurs en bénéficient déjà, tandis que, depuis 1992, les élus locaux et les maires peuvent, sur la base du volontariat, y avoir recours. Ce qui est bon pour moi l’est certainement aussi pour les autres.

Malheureusement, un frein culturel – on voit mal comment l’expliquer autrement – empêche d’avoir un débat sain et dépassionné sur le recul nécessaire de l’âge de départ à la retraite et l’introduction éventuelle d’une dose de capitalisation. Si on n’avance pas sur ces sujets, la France ne va pas faire faillite. On peut même douter qu’elle connaisse une véritable crise obligataire, car la BCE veille au grain.

En revanche, nos taux d’emprunt pourraient rester durablement plus élevés que ceux de nos voisins européens, qui ont, eux, fourni des efforts budgétaires. Ce serait une nouvelle épine dans le pied de notre pays. Le prochain gouvernement, quelle que soit sa couleur politique, pourrait voir sa marge de manœuvre fortement réduite : sa priorité serait de refinancer la dette et d’en payer les intérêts, au détriment d’autres postes comme la défense, la transition énergétique ou encore l’éducation. Réjouissant.

À surveiller
Les tensions sur les taux longs et, évidemment, le cas français restent sur les radars cette semaine. Pour l’instant, on ne peut pas considérer que la hausse du risque politique français entraîne une réelle contagion européenne. Seul l’euro semble touché, mais le mouvement baissier devrait rester limité, selon nous. Nous avons simplement ajusté notre cible de fin d’année pour l’EUR/USD à 1,10, contre 1,12 actuellement. Encore une fois, nous ne nous attendons pas à une situation similaire à celle connue en 2012.

L’avez-vous lu ?
Mauvais signal pour l’énergie. Les réserves stratégiques américaines sont au plus bas depuis 1982. Cela signifie que les États-Unis disposent de moins de capacités pour amortir rapidement un choc pétrolier. La situation est malheureusement similaire dans les autres pays du G7. En cas de nouveau choc sur l’approvisionnement, le prix du baril de pétrole pourrait rapidement flamber de 10 à 15 %, avec des répercussions directes sur les coûts de l’énergie et du transport.

L’euro recule face à toutes les grandes devises

Expertise IBanFirst

L’euro a reculé la semaine dernière face aux sept principales devises suivies par iBanFirst, de 1,23 % contre le dollar, 1,28 % contre la livre, 1,67 % contre le franc suisse. Le détail compte, parce qu’une baisse généralisée écarte l’explication habituelle d’un dollar fort et désigne l’euro lui-même.

Le principal canal de contagion du risque politique et budgétaire français, c’est la monnaie unique. S’y ajoutent deux facteurs extérieurs, l’aversion au risque liée à la hausse des taux longs et le compte rendu de la dernière réunion de la Fed, qui affiche un engagement clair à relever encore les taux cette année. iBanFirst attend une poursuite du mouvement, de l’ordre de 2 % dans les semaines qui viennent face à la plupart des devises majeures, avec les discussions sur le budget 2027 comme prochain point de tension. L’objectif retenu sur l’euro-dollar est 1,10, contre 1,1185 au plus bas la semaine dernière.

Reste la question de savoir si le marché a déjà valorisé le risque ou s’il commence seulement à le faire. La réponse se lira dans les prochaines séances, avec une nouvelle estimation de l’inflation américaine mercredi 14 octobre pour seul rendez-vous statistique de la semaine.

« Le principal canal de contagion du risque français, c’est l’euro, et cela se voit maintenant sur toutes les paires, pas seulement face au dollar. Nous attendons encore environ 2 % de baisse dans les semaines qui viennent, avec le budget 2027 comme prochain déclencheur. Pour une entreprise qui achète hors zone euro, ce n’est plus un sujet de marché, c’est une ligne de coût », explique Alexandre Schont, Chief Revenue Officer chez iBanFirst.

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