Fini les fluctuations de plus de 10 % en quelques séances. Et pourtant, les risques sont toujours présents. Le marché énergétique reste profondément dysfonctionnel.
Les flux de pétrole en provenance du Moyen-Orient sont revenus à environ 80 % de leur niveau d’avant-guerre. Mais la situation est nettement plus préoccupante pour les produits raffinés, notamment le diesel, le kérosène et les carburants maritimes, dont les flux atteignent péniblement 50 % de leur niveau habituel.
Résultat : alors que le Brent évolue autour de 100 dollars, certains produits raffinés se négocient encore autour de 200 dollars le baril.
L’accord conclu entre Donald Trump et Vladimir Poutine pour remettre du diesel russe sur le marché ne change pas fondamentalement la donne. Les 4,8 millions de tonnes annoncées représentent à peine plus d’une journée de consommation mondiale de diesel, et leur livraison sera étalée dans le temps. De quoi détendre temporairement les prix, mais certainement pas résoudre les pénuries. Le problème est désormais autant celui des capacités de raffinage et des flux commerciaux que celui de la disponibilité du pétrole brut.
Ce n’est guère mieux pour le gaz. Les expéditions de GNL depuis le Qatar restent limitées et les prix européens pourraient se rapprocher de 100 €/MWh si les conditions météorologiques deviennent moins favorables, soit une hausse supplémentaire d’environ 25 % par rapport au niveau actuel.
Christopher Dembik, conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet AM

