ven. Juil 31st, 2026

Josh Gilbert, analyste de marché pour eToro

L’activité cloud d’Amazon accélère pour le cinquième trimestre consécutif, confirmant sa position de leader sur ce marché. AWS a enregistré une croissance de 37 %, son rythme le plus rapide depuis 18 trimestres et nettement supérieur aux attentes. La marge opérationnelle de cette division s’est établie à près de 39 %, un signe supplémentaire qu’Amazon transforme le boom de l’intelligence artificielle en une source de profits significatifs.

Andy Jassy et ses équipes ne se contentent pas de dominer le marché du cloud : leur ambition est de contrôler l’ensemble de la chaîne de valeur de l’IA. Les activités liées à l’intelligence artificielle et aux semi-conducteurs génèrent désormais chacune plus de 25 milliards de dollars américains de revenus annuels, avec une croissance à trois chiffres. Amazon ne se limite plus à fournir les infrastructures sur lesquelles repose l’IA ; le groupe commercialise également les outils et les puces qui alimentent ces infrastructures.

Le reste des activités a également été à la hauteur. Les revenus publicitaires ainsi que les services destinés aux vendeurs tiers ont tous deux dépassé les attentes du consensus, permettant au résultat opérationnel d’atteindre 27,5 milliards de dollars américains, contre 23,6 milliards anticipés par le marché.

Reste la question des investissements. Amazon a relevé ses prévisions de dépenses d’investissement (capex) à environ 220 milliards de dollars américains. Dans le contexte actuel, une telle hausse, combinée à un flux de trésorerie disponible redevenu négatif, aurait pu être sanctionnée par les marchés, comme ce fut le cas pour Alphabet la semaine précédente. La différence est qu’Amazon continue d’accélérer à une échelle considérable, et que cette augmentation des capex répond à une demande déjà bien réelle, amplifiée par la hausse des prix des puces mémoire, plutôt qu’à des promesses de croissance encore hypothétiques. La quasi-totalité des capacités prévues pour 2027 est déjà réservée, et une partie de celles de 2028 l’est également. C’est précisément le type de preuve que les investisseurs attendaient pour confirmer que les investissements dans l’IA se traduisent effectivement par une demande tangible.

Le seul point de déception concerne les prévisions de chiffre d’affaires pour le troisième trimestre, légèrement inférieures aux attentes. Toutefois, cette faiblesse s’explique en partie par un effet de calendrier : cette année, le Prime Day s’est tenu au deuxième trimestre, ce qui a déplacé une partie des revenus. Les marchés ont donc largement ignoré cet élément. Amazon ne signe pas un chèque en blanc pour financer l’IA : son moteur cloud est suffisamment puissant pour absorber le coût de ces investissements, tandis que son carnet de commandes contractuel de 496 milliards de dollars américains offre une visibilité exceptionnelle sur la demande future et justifie, à lui seul, l’ampleur des dépenses d’investissement.

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