mer. Juin 3rd, 2026

Antoine Fraysse-Soulier, analyste de marché pour eToro

Le mois de mai a souvent mauvaise réputation en Bourse. Le fameux adage “Sell in May and go away” invite traditionnellement les investisseurs à alléger leurs positions avant l’été. En 2026, le Nasdaq 100 a pourtant fait exactement l’inverse. L’indice technologique américain signe l’un de ses meilleurs mois de mai du XXIe siècle, avec une progression d’environ 11%, portant son rebond à près de 32% en neuf semaines consécutives de hausse. Mieux encore, il aurait inscrit son 13e record historique sur le seul mois de mai, symbole d’un marché redevenu euphorique autour de l’intelligence artificielle.

Le moteur de cette envolée est clairement identifié, ce sont les semi-conducteurs. Aux États-Unis, le secteur reste le cœur battant du rallye. Le SOXX, l’un des principaux ETF spécialisés sur les semi-conducteurs, a progressé de plus de 20% sur le mois et affiche une hausse proche de 90% depuis le début de l’année, porté par l’appétit des investisseurs pour l’IA, les data centers, la mémoire et les puces de nouvelle génération. Dell (+101%), Micron (87%), AMD (+45%)  ou encore les valeurs liées au stockage et à l’infrastructure IA ont entretenu cette dynamique.

Le contraste est saisissant avec la France. Le CAC 40 ne progresse que de +0,84% sur le mois. Là aussi, les semi-conducteurs jouent un rôle déterminant. STMicroelectronics bondit de +28%, profitant du regain d’intérêt mondial pour la chaîne de valeur des puces. Derrière, ArcelorMittal gagne environ +20%, tandis que Stellantis rebondit de 10,5%, après plusieurs mois de forte pression boursière.

Mais le marché parisien reste beaucoup moins homogène que Wall Street. TotalEnergies recule d’environ 5%, pénalisé par la chute des prix du pétrole, en baisse de près de 17% sur la période. Eiffage perd autour de 9% et Danone environ 8,6%, sanctionnés par des résultats ou des perspectives jugés décevants.

La leçon du mois est donc claire, en mai, il ne fallait pas vendre les marchés, mais il fallait surtout être exposé au bon segment. Aux États-Unis, la tech et les semi-conducteurs ont porté les indices vers de nouveaux sommets. En France, la hausse existe, mais elle reste fragile, étroite et beaucoup plus dépendante de quelques dossiers spécifiques. Le mois de mai 2026 restera ainsi comme un mois de records pour le Nasdaq, mais aussi comme un rappel : le rallye mondial reste très concentré autour de l’intelligence artificielle et de ses infrastructures.

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