jeu. Mai 28th, 2026
SpaceX a annoncé ce qui pourrait être la plus importante IPO de l’histoire, son marché potentiel étant évalué à USD 28 500 mia – un chiffre qui avoisine la taille de l’ensemble de l’économie américaine. Allant des services de lancement aux infrastructures spatiales, les opportunités s’inscrivent dans la mission de SpaceX visant à «rendre la vie multiplanétaire». Les investisseurs de privateequity devraient en être les principaux bénéficiaires. Mais il faudra surveiller les structures de gouvernance et le risque de concentration des pouvoirs. Par ailleurs, la vigueur de la croissance américaine, les pressions sur les prix et les inquiétudes budgétaires ont dopé les rendements obligataires. Le rendement des bons du Trésor américain à 30 ans a dépassé 5,1% – son plus haut niveau depuis 2007. Cette évolution des marchés obligataires n’a pas troublé les actions. Le S&P 500 a progressé de 0,9%. Les médiateurs ont intensifié leurs efforts pour prolonger le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran, mais un accord ne suffira pas à rassurer les marchés obligataires, l’inflation semblant vouée à persister. Néanmoins, plus le conflit durera, moins le détroit d’Ormuz jouera un rôle crucial, car des voies de transit alternatives sont progressivement ouvertes. Les Emirats arabes unis accélèrent ainsi la construction d’un pipeline géant. Sur le front des entreprises, l’intelligence artificielle (IA) tend à attiser les pressions inflationnistes, du moins à court terme: chez Samsung, un accord salarial prévoit des primes pouvant atteindre huit fois le salaire de base pour les spécialistes des puces mémoires.

 

CITATION DE LA SEMAINE

«Je suis favorable à la suppression de la formule «biaisconciliant» dans nos déclarations de politique monétaire, afin de rappeler qu’une baisse des taux n’est pas plus probable qu’une hausse», a déclaré Christopher Waller, le gouverneur de la Réserve fédérale.

 

INDICATEURS CLÉS

L’économie américaine résiste bien, le PMI (indice des directeurs d’achat) composite préliminaire de mai étant demeuré inchangé à 51,7. Moins exposés aux chocs énergétiques que l’Europe, les Etats-Unis bénéficient en outre des dépenses d’investissement liées à l’IA. En revanche, l’économie européenne commence à souffrir du conflit iranien. Le PMI composite de la zone euro a d’ailleurs atteint son plus bas niveau depuis octobre 2023. La Chine est également touchée, la hausse de la production industrielle ayant ralenti à 4,1% en glissement annuel en avril (5,7% en mars), alors que les ventes de détail ne progressaient que de 0,2%. Seules les exportations, en hausse de 14,1% en avril, restent robustes.

 

ANALYSE DES MARCHÉS

A ce stade, les actions ne sont pas affectées par l’envolée des rendements obligataires, la «formidable dynamique des bénéfices» (FEMO) ayant supplanté la «peur de passer à côté» (FOMO). L’IA tire toujours le marché après la publication de solides résultats et l’annonce de nouvelles IPO, même si l’on observe certains signes de lassitude et un début de rotation vers d’autres secteurs. Nous sommes neutres à l’égard des actions. Nous surveillerons cette semaine l’indice PCE des dépenses de consommation des ménages (l’indicateur préféré de la Fed), les revenus et dépenses des particuliers et les commandes de biens durables. Le Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) se réunit le 17 juin, pour la première fois sous la présidence de Kevin Warsh. Certains responsables ont admis que des hausses de taux pourraient s’avérer appropriées si l’inflation restait élevée. Nous sous-pondérons les obligations d’Etat. La consommation aux Etats-Unis reste en forme de K, comme le montrent les résultats de Walmart. Le distributeur a déclaré que la plupart des parts de marché gagnées récemment provenaient de ménages gagnant plus de 100 000 dollars, les consommateurs à faibles revenus semblant de plus en plus «confrontés à des difficultés financières».

 

Les cours du pétrole refluent, mais les risques persistent

En recul depuis début mai, les cours du pétrole ont atteint leur plus bas niveau depuis le début du conflit. Attentifs aux négociations visant à trouver un accord entre l’Iran et les Etats-Unis, les marchés revoient à la baisse leur évaluation du risque de graves perturbations de l’offre. Mais le récent reflux reste fragile et la volatilité devrait persister, les marchés étant suspendus à l’issue des négociations.

 

 

 

 

César Perez Ruiz, Responsable des investissements

et CIO chez Pictet Wealth Manageme

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