jeu. Avr 3rd, 2025
Le volume des ventes du commerce de détail alimentaire stagne presque en France et restait encore, en janvier 2025, inférieur de 2,7% à son estimation de janvier 2022. C’est atypique alors que la population a augmenté de 0,99% au cours de cette période, entre janvier 2022 et janvier 2025.
Il y a eu une forte baisse du volume des ventes du commerce de détail alimentaire tout au long de l’année 2022 et jusqu’à la mi 2023, et depuis son rythme de croissance reste très inférieur à celui qui prévalait avant jusqu’en 2021.
Ce phénomène peut sembler surprenant parce que le pouvoir d’achat du revenu disponible des ménages au cours de cette période, mesuré entre le 4ème trimestre 2021 et le 4ème trimestre 2024, a augmenté de 3,2% en France.
Qu’est ce qui pourrait alors expliquer cette inflexion nette de la tendance du volume des ventes du commerce de détail alimentaire ?
Tout d’abord le taux d’épargne des ménages a fortement augmenté en France et se maintient haut. Au 4ème trimestre 2024 le taux d’épargne des ménages était de 18,4% contre 17,8% au 4ème trimestre 2021 et 14,9% au 4ème trimestre 2019. Les ménages dépensent donc une moindre part de leur revenu disponible, ce qui réduit, entre autres, les achats de produits alimentaires.
Ensuite les prix des produits alimentaires ont fortement augmenté. Entre janvier 2022 et mai 2023, l’indice de prix du commerce de détail alimentaire a augmenté de 19% en France, et s’est stabilisé ensuite. Toutefois la crise inflationniste a été générale et les prix des autres biens de consommation ont aussi augmenté. Mais les indices harmonisés des prix à la consommation montrent qu’en France les prix ont moins augmenté pour les autres biens de consommation que pour les produits alimentaires. Entre janvier 2021 et janvier 2025 la hausse des prix des produits alimentaires et tabac a été de 21,9% contre 11,1% pour les autres biens et services de consommation hors énergie.Il y a donc eu une forte hausse du prix relatif des produits alimentaires en termes des autres biens et services de consommation hors énergie. Il est logique que cela ait induit des comportements de réduction des achats de produits alimentaires au profit d’autres biens et services.
Cela explique que le volume des ventes du commerce de détail hors alimentation et énergie a été beaucoup moins affecté.

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