mar. Oct 27th, 2026
Lundi 26 octobre 2026
Un mot sur le feuilleton financier et politique français. Initialement, les investisseurs étrangers avaient sous-estimé le risque budgétaire. Après les émeutes, ils commencent désormais à comprendre que les dépenses publiques et le déficit ne sont pas seulement le résultat d’une mauvaise gestion, mais constituent aussi le coût économique nécessaire au maintien de la paix sociale. Évidemment, cela signifie que la nécessaire réforme des retraites n’est pas près d’être mise en œuvre.

Dans ce contexte, qu’en est-il de la valorisation actuelle des obligations françaises ? Elles sont incroyablement chères. Si l’on intègre le rendement de l’OAT française dans un modèle de valorisation des obligations des marchés émergents – à certains égards, la France se rapproche de plus en plus de ces derniers -, le résultat est sans appel : le rendement réel de la dette française est nettement inférieur à ce que justifieraient ses fondamentaux économiques et budgétaires. Il est donc probable que la prime de risque exigée pour détenir de la dette française continue d’augmenter…

Heureusement, tous les pays ne sont pas confrontés aux mêmes difficultés. Certains réforment et rassurent les investisseurs. Et beaucoup d’entre eux sont d’ailleurs des pays émergents.

Deux exemples. La semaine dernière, Moody’s a relevé de deux crans la note souveraine de l’Égypte, en l’assortissant d’une perspective positive. Les progrès réalisés en matière de consolidation budgétaire ont joué un rôle important dans cette décision. Ce qui rappelle que les changements radicaux en faveur de politiques économiques orthodoxes sont remarqués et récompensés, même dans un environnement international particulièrement turbulent.

Plus proche de nous, la Hongrie a annoncé un plan de consolidation budgétaire ambitieux, qui prévoit de ramener le déficit public de 7,5% du PIB cette année à 4,9% en 2027. De quoi faire pâlir d’envie certains de ses voisins régionaux ! Et si ce plan est jugé crédible, il devrait se traduire par une baisse de la prime de risque sur la dette hongroise.

Cela montre que réformer et restaurer la confiance des investisseurs est encore possible.

À surveiller
Les banques centrales sont à l’honneur cette semaine. La Réserve fédérale devrait maintenir ses taux inchangés, dans une fourchette de 3,75% à 4,00%, avant une nouvelle hausse en décembre. En revanche, la Banque centrale européenne et la Banque du Japon devraient chacune relever leurs taux de 25 points de base, respectivement à 2,75% et 1,50%. Attention aux conséquences pour les entreprises de la zone euro : ce nouveau resserrement monétaire risque de renchérir leur coût de financement, en particulier pour celles dont la dette est à taux variable.

L’avez-vous lu ?
Les investisseurs étrangers quittent la Bourse indienne. C’est peut-être justement le moment de commencer à s’y intéresser.

Contrairement aux attentes, la croissance des bénéfices au deuxième trimestre a largement dépassé les prévisions, et ce dans presque tous les secteurs d’activité. Les perspectives restent également bien orientées. Nous anticipons une progression des bénéfices de 15% cette année et de 16% l’an prochain. C’est nettement mieux qu’en Chine, son éternel concurrent, où la croissance devrait atteindre respectivement 5% et 15%.

Autre atout souvent sous-estimé : la Bourse indienne est l’une des moins concentrées, à l’heure où ce sujet préoccupe de plus en plus les investisseurs. Les cinq premières capitalisations ne représentent que 20% du marché, contre plus de 40% en Chine et 60% à Taïwan.

Ce n’est peut-être pas encore le moment d’acheter. Mais si les valorisations se détendent encore un peu, l’Inde pourrait rapidement redevenir une opportunité à saisir.

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Christopher Dembik, conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet AM

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