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Paris, 25 septembre 2026

  • À l’horizon, un phénomène El Niño très intense est déjà en train de se former et pourrait coûter 451 milliards de dollars au monde, la plupart des dégâts se produisant en 2027. Prévu pour atteindre son pic vers la fin de 2026 et persister jusqu’au début de 2027, El Niño amplifierait temporairement le réchauffement d’origine humaine. Notre analyse de sensibilité, calibrée sur les réponses thermiques des pays lors de l’épisode El Niño de 2023–2024, estime une perte nette de production de 451 milliards de dollars en 2027, soit 0,24 % du PIB prévu pour 144 économies.
  • Pour l’UE-27, la perte nette s’élève à 24 milliards de dollars, soit 0,09 % du PIB. Ce choc se répercuterait également sur les ménages par le biais des prix : en pondérant les résultats par pays en fonction du PIB à parité de pouvoir d’achat, on obtient des hausses moyennes de 0,42 point de pourcentage (pp) de l’inflation globale et de 0,65 pp de l’inflation alimentaire. Les hausses correspondantes pour l’UE-27 sont respectivement de 0,31 pp et 0,50 pp. Ces résultats ne quantifient que la sensibilité à la température et excluent les pertes supplémentaires liées aux inondations, aux sécheresses, aux feux de forêt et à d’autres événements extrêmes.

 

  • Les vagues de chaleur qui ont frappé l’Europe en 2026 ont entraîné un coût annuel estimé à 113 milliards d’euros (128 milliards de dollars) dans 30 pays, ce qui représente un fardeau économique considérable lié à un seul et même aléa. Ce chiffre correspond à environ 0,46 % de leur PIB combiné prévu et à environ 60 % des pertes mondiales liées aux phénomènes météorologiques extrêmes enregistrées en 2025. Cette estimation se base sur la période de chaleur de cinq jours la plus intense de chaque pays entre juin et août, ajustée en fonction de l’humidité et de l’exposition de la population, afin d’évaluer l’impact sur la croissance annuelle. L’Italie, l’Allemagne et la France représentent près des deux tiers des pertes estimées, tandis que Chypre subit la plus forte baisse de croissance, avec 1,74 point de pourcentage. L’humidité permet d’expliquer pourquoi les températures les plus élevées n’entraînent pas toujours la plus forte pression économique : la vague de chaleur plus humide en Italie est associée à une perte de croissance estimée plus importante que les conditions plus chaudes mais plus sèches observées en Hongrie.

 

  • L’Europe a été l’une des nombreuses régions durement touchées par des phénomènes météorologiques extrêmes en 2026 ; un bilan plus complet des pertes économiques de l’année est attendu début 2027. Des inondations majeures ont touché Madagascar, le Malawi, le Mozambique, l’Afrique du Sud, la Zambie et le Zimbabwe, tandis que la Tunisie et le Maroc ont également subi de graves inondations. L’Indonésie a connu une saison de feux de forêt particulièrement active, et les inondations le long de la frontière entre le Népal et la Chine ont entraîné des besoins de reconstruction estimés entre 4 et 5 milliards de dollars. Le Pérou a déclaré deux états d’urgence : l’un à la suite des inondations de février et l’autre en juillet afin de se préparer aux précipitations liées au phénomène El Niño. L’évaluation des effets combinés sur la croissance du PIB et l’inflation nécessitera des données plus complètes sur les dégâts et les perturbations de l’activité économique.
  • Allianz Research lance l’Allianz Climate Economics Report (ACE), une publication phare annuelle qui examine l’impact du changement climatique sur la croissance économique et l’inflation. Chaque édition passe en revue l’année écoulée, évalue les évolutions actuelles et examine les perspectives pour l’année à venir. L’analyse s’appuie sur ClimRad (Climate Data Radar), une plateforme propriétaire développée par Allianz Research et Earthian AI. Outre les données climatiques et les historiques des pertes liées aux catastrophes, ClimRad fournit des fonctions de dommages développées en interne pour estimer comment les variations de température, le stress thermique et la sécheresse affectent la croissance du PIB, et comment les variations de température influencent l’inflation globale et alimentaire. Cela permet à l’Allianz Climate Economics d’examiner les coûts qui vont au-delà des dommages causés aux actifs physiques et des sinistres assurés, notamment les pertes de production et les pressions sur le pouvoir d’achat des ménages. Les lecteurs peuvent explorer les données climatiques nationales et tester leurs propres scénarios économiques via la plateforme ClimRad.
  • En 2025, les risques climatiques se sont davantage différenciés sur le plan géographique, les changements physiques les plus importants ne se traduisant pas toujours par la charge économique actuelle la plus lourde. L’Europe du Nord et de l’Est a enregistré certaines des anomalies de température les plus marquées, avec en tête la Norvège à +3,74 °C contre +1,38 °C à l’échelle mondiale. Afin de distinguer les changements climatiques structurels de la gravité des conditions actuelles, le rapport Allianz Climate Economics utilise un « Climate Change Score – indice de changement climatique », qui mesure les écarts par rapport aux normes historiques en matière de température, de canicule, de sécheresse et de précipitations, ainsi qu’un «Climate Stress Score – indice de stress climatique », qui rend compte des canicules, des sécheresses et des fortes précipitations actuelles. Le Nigeria, les Philippines, la Malaisie, le Brésil, la Côte d’Ivoire, le Maroc et la Turquie se classent en tête pour ces deux indices. À l’échelle mondiale, les phénomènes météorologiques extrêmes ont entraîné 210 milliards de dollars de pertes économiques en 2025, soit une baisse de 32 % par rapport aux 307 milliards de dollars enregistrés en 2024, mais un niveau toujours supérieur de 20 % à la moyenne de la période 2000-2019. Si l’on tient compte de la taille de chaque économie, le fardeau s’est réparti de manière tout aussi inégale : les États-Unis ont enregistré les pertes absolues les plus importantes, à 118,5 milliards de dollars, soit 0,4 % du PIB, tandis que les pertes de la Jamaïque ont atteint 39,4 % du PIB. Les pertes ont représenté 2,9 % du PIB en Thaïlande et 0,8 % au Portugal, soit quatre fois sa moyenne historique.
  • Les catastrophes de 2025–2026 ont mis en évidence un fossé croissant en matière d’adaptation : les pays dotés de systèmes de prévention, de financements préétablis et de mécanismes d’intervention clairs étaient mieux armés que ceux qui comptaient encore principalement sur l’aide d’urgence après la catastrophe. L’Australie, le Chili et le Canada ont puisé dans des programmes bien établis de lutte contre les feux de forêt, combinant surveillance, préparation des communautés et investissements avant la saison des incendies. La réponse du Maroc aux inondations a de même bénéficié d’investissements antérieurs dans des systèmes d’alerte et la cartographie des risques, soutenus par un programme de résilience appuyé par la Banque mondiale et ayant reçu 408 millions de dollars depuis 2016. Le Honduras illustre un modèle plus ciblé, utilisant un financement déclenché par les prévisions pour débloquer une aide avant même que les impacts ne se concrétisent. Ailleurs, la réponse est restée plus réactive : le Texas a renforcé ses systèmes d’alerte et ses infrastructures de protection après les inondations, tandis que des initiatives européennes ont élargi les politiques de résilience face à la canicule, aux feux de forêt et aux risques liés à l’eau, notamment grâce à un mécanisme de la BEI dédié à la résilience face aux risques liés à l’eau, doté de 15 milliards d’euros pour la période 2025–2027. En revanche, le Mexique et la Bolivie ont continué à se concentrer principalement sur les secours et la reconstruction, l’Indonésie sur la lutte contre les feux de forêt et l’Argentine a combiné des opérations majeures de lutte contre les incendies d’urgence avec des réductions des capacités permanentes de gestion des feux de forêt. L’expérience de 2025-2026 montre que la résilience dépend moins des dépenses d’urgence après la survenue d’une catastrophe que d’une prévention soutenue, d’un financement préétabli et d’une répartition claire des responsabilités avant qu’elle ne se produise.
  • À l’horizon, un phénomène El Niño très intense est déjà en train de se former et pourrait coûter 451 milliards de dollars au monde, la plupart des dégâts se produisant en 2027. Prévu pour atteindre son pic vers la fin de 2026 et persister jusqu’au début de 2027, El Niño amplifierait temporairement le réchauffement d’origine humaine. Notre analyse de sensibilité, calibrée sur les réponses thermiques des pays lors de l’épisode El Niño de 2023–2024, estime une perte nette de production de 451 milliards de dollars en 2027, soit 0,24 % du PIB prévu pour 144 économies. La Chine, les États-Unis et l’Inde représentent près de 60 % des pertes brutes, avec respectivement 147 milliards de dollars, 91 milliards de dollars et 50 milliards de dollars, tandis que la Corée du Sud et l’Indonésie subissent des baisses proportionnelles plus importantes, de 0,51 % et 0,41 % du PIB de référence. Pour l’UE-27, la perte nette s’élève à 24 milliards de dollars, soit 0,09 % du PIB. Ce choc se répercuterait également sur les ménages par le biais des prix : en pondérant les résultats par pays en fonction du PIB à parité de pouvoir d’achat, on obtient des hausses moyennes de 0,42 point de pourcentage (pp) de l’inflation globale et de 0,65 pp de l’inflation alimentaire. Les hausses correspondantes pour l’UE-27 sont respectivement de 0,31 pp et 0,50 pp. Ces résultats ne quantifient que la sensibilité à la température et excluent les pertes supplémentaires liées aux inondations, aux sécheresses, aux feux de forêt et à d’autres événements extrêmes.

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