L’emploi salarié a continué sur sa bonne lancée au deuxième trimestre, la baisse de l’intérim pourrait cependant annoncer  des statistiques moins flatteuses sur la fin de l’année. Le nombre de salariés ayant progressé plus vite que le PIB, il en a  résulté une baisse de la productivité du travail qui n’est probablement que passagère. 

L’emploi salarié a progressé de 0,4 % au deuxième trimestre, indiquant que la guerre en Ukraine n’a pas, jusqu’alors,  impacté le marché du travail français. Le recul de l’intérim invite cependant à la prudence pour l’avenir. 

🢩 Au deuxième trimestre, le nombre d’emplois salariés en France a progressé de 95 300 emplois, une hausse  globalement similaire à celle du premier trimestre. Tous les secteurs ont vu croître le nombre d’emplois, notamment  l’industrie, habituel parent pauvre de l’économie française, qui a enregistré une progression de 10 100 emplois sur le  trimestre écoulé. 

🢩 Le nombre d’intérimaires s’était déjà contracté au premier trimestre, et a de nouveau baissé de 20 500 emplois au  deuxième trimestre. Cette évolution est un signal négatif puisque l’emploi intérimaire est généralement perçu comme  un indicateur avancé de la tendance future. En effet, les entreprises coupent d’abord dans les postes d’intérimaire  lorsqu’elles anticipent des difficultés futures.  

Le fort rebond de l’emploi au sortir de la crise sanitaire, plus rapide que la hausse du PIB, implique une baisse de la  productivité du travail (mesurée en termes de PIB par emploi). Cette évolution pourrait s’expliquer par les perturbations  induite par la crise sanitaire, et ne traduit pas nécessairement une tendance durable. 

🢩 À long terme, le pouvoir d’achat de la population évolue de façon parallèle à l’évolution de la productivité dans la  mesure où le partage de la valeur ajoutée reste inchangé (ce qui est globalement le cas en France sur longue période).  Le fait que l’emploi ait progressé plus rapidement que le PIB ces derniers trimestres implique une baisse de la  productivité de chaque emploi, qui a décliné d’environ 4 % depuis 4 ans. Cette tendance, si elle s’avérait durable,  pourrait conduire à un tassement du pouvoir d’achat des salariés. 

Variation de la productivité du travail 

 

Productivité (var trimestrielle) Productivité (100 T1 2018, ech droite)

🢩 La baisse de la productivité par salarié peut s’expliquer par les perturbations générées par la crise sanitaire. Les  changements de postes de salariés (hausse de 20 % du nombre de démissions de salariés en CDI au T1 2022 par rapport  au T4 2019)1 et les désorganisations des entreprises ont pénalisé la productivité de façon momentanée, mais la  tendance n’est pas mécaniquement durable. La hausse sensible des contrats d’apprentissage2 peut également  entraîner une baisse de la productivité de l’ensemble des travailleurs, qui deviennent en moyenne moins expérimentés. 

  

1 https://dares.travail-emploi.gouv.fr/sites/default/files/1c94dd73c9034a033a0f0c2bd87e133d/DI_MMO_T1%202022pdf.pdf 2 https://poem.travail-emploi.gouv.fr/synthese/contrats-d-apprentissage 

Par Alerte Eco Asterès

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