Impact de la crise sanitaire sur l’économie des galeries d’art en France

Chiffres issus d’une étude menée auprès des 279 membres du COMITÉ PROFESSIONNEL DES GALERIES D’ART.

Dès la fermeture des lieux publics, imposée par le gouvernement le 16 mars 2020, le Comité professionnel des galeries d’art a réalisé une étude auprès de ses 279 galeries adhérentes afin d’évaluer l’impact de la crise sanitaire du Covid-19 sur leur économie à court et moyen termes*.

Le résultat rend compte de la fragilité d’un grand nombre de galeries d’art, 1/3 d’entre elles pouvant ne pas réussir à maintenir leur activité au 2nd semestre 2020. Cela témoigne que le secteur nécessite un plan de relance fort, un important soutien du marché par les collectionneur·euse·s, et un écosystème préservé.
Il convient de rappeler que 85% des galeries d’art sont des TPE employant moins de 5 salarié·e·s et que 52% des galeries déclarent un chiffre d’affaires inférieur à 41 600 € mensuels (500K€ annuels).
L’économie de ces petites structures est liée à l’évolution générale du marché, leur chiffre d’affaires dépendant immédiatement du comportement des collectionneur·euse·s. De plus, par rapport à d’autres secteurs, les galeries ont besoin de s’internationaliser pour se développer et assurer la promotion de leurs artistes, ce qui les rend plus dépendantes de la conjoncture mondiale.

 

DES DÉPENSES IRRÉCUPERABLES ET UN MANQUE À GAGNER JUSQU’A 40% DU CA ANNUEL

Pour le monde de l’art, le printemps est une saison haute qui s’amorce en mars. 74% des galeries se sont
engagées dans 2 ou 3 foires en moyenne sur le 1er semestre 2020. Ainsi, à l’absence totale de ventes viennent
s’ajouter des pertes pour l’organisation d’expositions dans les galeries et des pertes liées à l’annulation ou
l’interruption de certaines foires. La trésorerie immobilisée par ailleurs pour les foires reportées à des dates
pour le moment incertaines, contribue à mettre les galeries dans une position financière extrêmement
inquiétante. Le cumul du manque à gagner et des pertes représente jusqu’à plus de 184 M€ pour l’ensemble
des galeries du CPGA de février à juin.

PLUS D’UN TIERS DES GALERIES RISQUENT DE FERMER DANS LES 12 PROCHAINS MOIS

A la différence d’autres secteurs, le marché de l’art souffre immanquablement d’un décalage conséquent
entre la fin de la crise et le début de la relance. L’histoire récente l’a démontré, dans le secteur du marché de
l’art, les pertes immédiates ne seront pas compensées par une reprise rapide de l’activité. Lors de la crise du
marché de l’art de 1991, 46% des galeries ont fermé entre 1990 et 1994 : la reprise ne fut amorcée qu’à partir
de 1995 et ce n’est qu’en 1998 que les deux tiers des galeries redevinrent excédentaires. Un chiffre d’affaires
médian de 1M€ à 3M€ n’implique pas forcément de bénéfice ou de trésorerie disponible compte tenu du
poids important des charges (loyers, salaires) et des frais de promotion (expositions, foires, production). Sans
plan de relance à moyen et long termes, il est à prévoir la fermeture 1/3 des galeries françaises dans l’année
à venir, conséquence directe de la crise sanitaire 2020.

DES ARTISTES EN DANGER

L’absence de ventes et le risque de fermeture des galeries ont un impact direct sur les artistes Une galerie représente en moyenne 23 artistes, ce qui équivaut, uniquement pour l’ensemble des 279 galeries du CPGA, à 6 515 artistes, dont 92 % d’artistes vivant·e·s qui dépendent donc directement des revenus des ventes en galeries.

 

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